Papier en cellulose ou Papier en coton ?

Comprendre la matière pour mieux la choisir : je t'explique tout sans aucun préjugé et je t'invite à explorer, ensemble et avec curiosité, tous les secrets du papier afin que tu puisses trouver celui qui fera vibrer ton pinceau et ton cœur d'artiste.

person holding white and gray abstract painting
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C'est la question que tout initié à l'aquarelle se pose, et il y a autant d'avis que de marques de papier au monde. Cette question, je l'ai posée à de nombreux artistes tout au long de ma pratique et j'ai experimenté sur presque tous les formats et grammages qui existent au marché pour me faire ma propre idée... et maintenant, je vais répondre clairement et ouvertement à cette question.

Composition

Commençons par le début : connaître l'ingrédient de base de chaque type de papier pour comprendre sa réaction à l'eau et aux pigments.

La cellulose est un glucide qui se trouve dans les plantes et les arbres ; elle sert à leur donner leur rigidité structurelle. On peut dire qu'elle est leur "squelette".

Pour la production du papier, on utilise des fibres de bois qui sont composées comme suit : 40% de cellulose, 30% d'hémicellulose (rôle de pontage entre les fibres de cellulose) et 30% de lignine (une sorte de colle brune qui jaunit et fragilise le papier). Ce type de papier, aux fibres courtes, contient un pourcentage moindre de cellulose pure comme tu peux l'observer, et subit un processus chimique pour éliminer sa lignine.

Le coton est aussi composé de cellulose, mais il est à 99% (presque pur) à l'état naturel. Il ne contient pas de lignine, ce qui le rend beaucoup plus stable. C'est une fibre soyeuse qui entoure la graine de coton ; elle est longue, solide et s'entremêle comme un tissu robuste.

Acidité

La cellulose de bois est naturellement acide. Pour l'aquarelle, on doit le traiter chimiquement pour qu'elle devienne "sans acide" (pH neutre), sinon le papier jaunira et "grignotera" l'éclat des couleurs avec le temps. D'où l'importance d'acheter un papier cellulose spécifique pour l'aquarelle, car de nombreux types de papiers vendus pour d'autres techniques ne respectent pas cette caractéristique.

Le coton est naturellement sans acide ni lignine, donc, il résiste parfaitement au jaunissement et à la décoloration à travers les années.

Réaction à l'eau

La cellulose absorbe l'eau de façon moins homogène. Si on regarde au microscope, on observe des espaces vides et d'autres très agglomérés. L'eau va donc se concentrer différemment sur chaque zone du papier, restant pour la plupart en surface. On comprend alors pourquoi ce type de papier est le plus difficile à gérer, d'autant plus que son séchage est plus rapide et variable d'un secteur à l'autre.

Le coton est incroyablement assoiffé. Il absorbe l'eau au cœur de la fibre et il va aussi sécher plus lentement. Pour nous, les pratiquants d'aquarelle, cela veut dire que le papier restera humide plus longtemps, permettant de travailler au calme et sans stress.

Les pigments

La repentance

C'est la résistance aux coups de pinceaux répétés et au grattage sans pelucher. Généralement, le papier en cellulose va être moins solide que celui en coton mais la qualité du papier joue un rôle important :

  • Un papier en cellulose de très mauvaise qualité va pelucher davantage qu'un autre de meilleure qualité, donc cela vaut le coup d'investir dans un bon papier en cellulose,

  • Un mauvais papier en coton peut aussi avoir une faible résistance aux usages intenses. Il vaut mieux un bon papier en cellulose qu'un mauvais papier en coton.

La solidité

Le papier en cellulose deviendra plus fragile et vulnérable face aux expositions de grandes quantités d'eau. Au contraire, le papier en coton restera résistant, que ce soit dans une bassine remplie d'eau ou sous un évier.

Il existe au marché de très bons papiers en cellulose, très épais (entre 400g et 600g), qui sont aussi résistants que ceux en coton, mais leurs prix sont aussi très élevés.

La cellulose pousse les pigments vers les bords, créant parfois des auréoles. Les pigments sont absorbés de façon moins homogène en les laissant en surface plus longtemps. Cette caractéristique ne permet pas de faire des fusions parfaites ni d'avoir des dégradés très doux... à moins d'acheter une très bonne qualité de papier, car certaines marques réduisent l'impact négatif quant à l'absorption de l'eau.

Le coton emprisonne les pigments là où on les pose : il les absorbe rapidement et uniformément. Les fusions sont plus nettes et les dégradés plus doux. Par contre, il sera plus contraignant d'utiliser la technique du "lifting" (retrait des pigments), car un pigment logé au fond de la fibre aura du mal à être retiré à 100%.

Mes conclusions et conseils

A close up of a plant with cotton in it
A close up of a plant with cotton in it
white and black plastic drawer
white and black plastic drawer
brown dried grass during daytime
brown dried grass during daytime
white printer paper on brown sand
white printer paper on brown sand
scatter chart
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Le choix du papier est-il important pour faire de l'aquarelle ?

Sans hésiter oui ! Chaque type de papier a un comportement unique. Le temps de séchage peut varier et l'absorption des pigments peut se faire en surface ou en profondeur selon la fibre utilisée. Le choix du papier ne doit pas être fait au hasard : il est la réponse technique aux effets que nous souhaitons obtenir.

Comment reconnaître un papier pour aquarelle ?

C'est un papier qui a la mention "pour aquarelle" sur sa couverture. Cette mention garantit l'absence d'acide et une épaisseur (grammage) d'au moins 300g pour les blocs vendus en magasin.

Il existe des papiers plus fins, souvent utilisés dans les carnets de voyage mais nous allons ici nous concentrer sur le papier standard d'atelier.

Tous les papiers avec mention "pour aquarelle" se valent-ils ?

Malheureusement non. De nos jours, le simple fait qu'un papier fasse 300g et soit sans acide ne suffit plus à garantir une qualité minimale. Tout va dépendre de la qualité de la cellulose utilisée. Un papier très peu coûteux va souvent accentuer les irrégularités, le manque d'absorption et la difficulté des fusions. Pour un débutant, ces défauts techniques peuvent être très déstabilisants et risquent même de le décourager de l'aquarelle.

Quand utiliser le papier en cellulose ou en coton ?

Cela dépendra de l'œuvre à réaliser et de ta maîtrise technique, c'est-à-dire, ta capacité à gérer le temps de séchage et l'absorption des pigments.

  • Le papier en cellulose : C'est le meilleur choix pour des études rapides, des croquis ou des œuvres utilisant des couches superposées sans fusions complexes. Il est idéal pour les lavis simples appliqués directement sur papier sec.

  • Le papier en coton : C'est le papier à choisir si tu veux humidifier les deux côtés de la feuille pour augmenter ton temps de travail. Il est indispensable pour réussir parfaitement les mélanges dans l'humide et les fusions délicates.

Cellulose ou coton pour les débutants à l'aquarelle ?

Sans hésiter, et malgré son prix élevé, un débutant devrait commencer avec du coton ! Quand on fait ses premiers pas, on a besoin d'être rassuré par le support. Le coton aide à mieux gérer l'humidité et le dosage de l'eau colorée, évitant ainsi d'être découragé dès le départ. Commencer avec un mauvais papier, c'est comme partir avec un énorme handicap technique.

Comment aider un débutant qui commence avec de la cellulose ?

Je vais être très honnête : le frein principal est souvent le prix !

Comme moi à mes débuts, la plupart des élèves ne savent pas encore si cette technique va leur plaire. L'investissement est donc souvent minimal au départ : mauvais pinceaux, mauvais pigments et mauvais papier.

Mon expérience d'enseignante me montre qu'au moins 70% des participants ayant débuté avec du matériel inadapté finissent par abandonner. Pour les courageux qui persistent, l'équipement change petit à petit et leur plaisir de peindre évolue enfin dans le bon sens.

Personnellement, j'encourage la pratique de l'aquarelle peu importe le matériel posé sur la table de travail. Pour aider ceux qui travaillent sur cellulose, je leur montre des astuces pour mieux gérer le temps de séchage et je leur apprends à préparer leurs mélanges de pigments en amont pour réduire l'impact des défauts du papier.

matinee-humide
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Quelles marques conseiller et quels produits éviter ?

Plus qu'une marque en particulier, mon conseil porte avant tout sur le choix du lieu d'achat. Je vous encourage vivement à faire confiance aux magasins d'arts spécialisés plutôt qu'aux enseignes de loisirs créatifs à petit prix. On pense souvent faire des économies en achetant des produits très bon marché, mais c'est finalement de l'argent perdu, car le matériel ne permet pas de progresser.

Existe-t-il d'autres types de papier ? Sont-ils intéressants ?

Oui, il existe des papiers "mixtes" composés de 25% ou 50% de coton mélangés à de la cellulose. D'après mon expérience, ils réagissent malheureusement beaucoup plus comme de la cellulose que comme du coton. On trouve également des papiers à base de fibres alternatives comme l'agave, le riz ou le bambou, qui sont moins connus pour l'instant mais offrent des textures différentes.

Le mot de la fin : Sois curieux !

Ma nature curieuse m'a permis de constituer une véritable bibliothèque de papiers au fil des ans. Mon conseil final est donc une invitation au test : faire tes propres expériences sur n'importe quel support qui t'attire, que ce soit sur coton ou sur papier en cellulose.

En tant qu'artistes, notre évolution devrait toujours être accompagnée d'un papier de qualité. Comprendre ce matériau est le premier grand pas à faire pour libérer ta créativité.

Les cours

Envie de passer de la théorie à la pratique ? Plus qu'un cours d'aquarelle, je te propose une expérience bien-être, un moment pour prendre soin de ton enfant intérieur. Tu apprendras à maîtriser ces supports comme un jeu, sans même t'en rendre compte, et tu repartiras le cœur léger après chaque séance...